commémorer n'est pas enseigner

Intervention FSU au CSA académique du 14 octobre 2026

Le ministre entend mettre en place dès cette année scolaire 2026-2027, une cérémonie commémorative annuelle d'hommage à tous les « Morts pour la France » dans tous les établissements scolaires. Cette initiative pose de nombreux problèmes.
Sur la forme, même si elles prennent soin d'affirmer qu'il ne s'agit pas de célébrer la guerre, les consignes suggèrent de laisser une grande place aux militaires et aux rituels qui leur sont propres. De plus, cette initiative s'inscrit dans un contexte français et international où se banalisent le nationalisme, le militarisme et une vision réactionnaire de la place de la jeunesse dans la société. Un contexte où le chef d'état-major des armées croit utile d'affirmer que la France doit « accepter de perdre [ses] enfants ». Enfin, sur le plan pédagogique, il faut rappeler que commémorer n'est pas enseigner. La transmission de l'histoire et des mémoires ne peut se réduire à des cérémonies ou à un récit officiel : elle doit permettre aux élèves de comprendre la complexité des conflits, la diversité voire la conflictualité des mémoires et de développer leur esprit critique, et ne pas être des pantins passifs face à un nouveau dispositif. Le catéchisme militaro-patriotique n'a pas sa place à l'École.
La FSU demande expressément au ministère de revenir sur cette initiative. Elle appelle les personnels à ne rien se laisser imposer, à défendre leur liberté pédagogique et à ne pas se laisser imposer des tâches qui ne relèvent pas de leurs obligations de service. Pour renforcer la cohésion sociale, il s'agit de donner au service public les moyens de lutter contre les inégalités sociales et territoriales.
Monsieur le recteur, nous vous demandons de veiller à entraver toute tentative de participations des élus et représentants politiques ou de l'institution militaire. Nous vous demandons de veiller à ce que la liberté pédagogique des enseignant·es soit pleinement respectée ce qui implique que les personnels puissent refuser de participer à cette cérémonie et sa préparation dans leur établissement.