2014-2015

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16 avril 2015 - appel intersyndical à la grève

10 avril 2015 - projet présenté au CSE

Le SNES-FSU, avec l’intersyndicale, représentant au total presque les 3/4 des personnels, a demandé que le vote de la réforme soit repoussé et que les discussions soient reprises d’urgence.

La ministre a maintenu l’ordre du jour et le CSE a émis un avis favorable sur les projets de décret et d’arrêté, grâce aux votes de l’UNSA, du SGEN-CFDT, de la FCPE, du Medef…

Le CSE n’est qu’une étape. Le SNES-FSU renouvelle son appel à signer les pétitions en lignes, à interpeller les élus et à débattre dans les établissements, avant ou dès le retour des vacances, des modalités d’action locales et nationales, incluant en journée de grève nationale en mai, pour contraindre la Ministre à entendre enfin les personnels.

  6ème 5ème 4ème 3ème total cycle 4 (5°-4°-3°)  
  actuellement projet actuellement projet actuellement projet actuellement projet actuellement projet  
Français 5 4,5 4 4,5 4 4,5 4,5 4 12,5 13  
MATHS 4 4,5 3,5 3,5 3,5 3,5 4 3,5 11 10,5  
LV1 4 4 3 3 3 3 3 3 9 9  
LV2       2,5 3 2,5 3 2,5 6 7,5  
HISTOIRE GEO 3 3 3 3 3 3 3,5 3,5 9,5 9,5  
SVT 1,5 4 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 4,5 4,5 EIST
TECHNO 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 2 1,5 5 4,5
PHYSIQUE   1,5 1,5 1,5 1,5 2 1,5 5 4,5
ARTS PLASTIQUES 1 1 1 1 1 1 1 1 3 3 annualisation
EDUCATION MUSICALE 1 1 1 1 1 1 1 1 3 3
EPS 4 4 3 3 3 3 3 3 9 9  
TOTAL DISCIPLINAIRE AFFICHE PAR LE MINISTERE 25 26 23 26 26 26 28,5 26 77,5 78  
IDD     2   2       4   heures prises sur les  horaires disciplinaires ci-dessus
EPI       3   3   3   9
AIDE PERSONNELLE 2 3   1   1   1   3
TOTAL HORS EPI ET HORS AP 25 23 23 22 26 22 28,5 22 77,5 66  
TOTAL HEURES ELEVES 27 26 25 26 28 26 28,5 26 81,5 78  
                       
        globalisation possible sur le cycle      
             
Voici une comparaison entre les horaires actuels en collège et ceux proposés par la ministre, en date du 10 avril.
En gris le projet, en blanc l'existant en vigueur.
Afin de bien comprendre la logique comptable du ministère et sa gestion de la pénurie d'enseignants et de moyens, il faut prendre garde aux enseignements complémentaires, dispensés sous la forme d'Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) et d'Accompagnement Personnalisé (AP) : les heures sont prises sur les horaires disciplinaires affichés par le ministère (contrairement aux IDD qui étaient en plus et du coup qui servaient aux heures d'aides, à des dédoublements). Par exemple en 3ème, dans un collège X, l'élève pourrait avoir cours d'Histoire - géographie avec le professeur de la classe 2h30 par semaine, l'heure restant étant intégrée à un EPI avec une autre discipline.
De plus, les horaires disciplinaires sont globalisés sur le cycle 4, ils pourraient ainsi être "modulés" par niveau : dans le collège Y, en 5ème, 4h de maths puis en 4ème 3h, mais dans le collège Z, ce serait 3h30 en 5ème et 4ème.
Les enseignements artistiques peuvent être annualisés et les enseignements scientifiques (hors mathématiques) sont d'ores et déjà globalisés en 6ème.
Exit les sections européennes, la découverte professionnelle 3 heures. Les bilangues sont plus que fragilisées (une dotation spécifique viendra en complément si une autre langue que l'anglais est enseignée en primaire).
Dans le cadre de son projet pédagogique, l'établissement propose, pour les élèves volontaires, un enseignement de complément aux EPI, qui porte sur un enseignement de langues et cultures de l’antiquité ou sur un enseignement de langue et culture régionales. Cet enseignement peut être suivi au cours des trois années du cycle 4, dans la limite d’une heure hebdomadaire en classe de cinquième et de deux heures hebdomadaires pour les classes de quatrième et de troisième. Face à la pression, ces enseignements ont été ajoutés. La baisse par rapport aux horaires actuels est flagrante : il faut bien faire avec le nombre décroissant de professeurs de lettres classiques... plutôt que de réfléchir aux causes de cette situation !

situation au 31 mars 2015 - le SNES quitte les discussions

Le ministère a communiqué les projets de décret et d’arrêté de la réforme du collège. Le contenu de ces textes va au delà de ce qui avait été présenté auparavant, permettant la remise en cause locale des grilles horaires des élèves. En conséquences de quoi, le SNES-FSU a demandé le retrait du projet de décret de l’ordre du jour du Conseil supérieur de l’éducation du 10 avril, et, en l’absence de réponse, a quitté les discussions.

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Projet décret collège
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Projet arrêté collège

Le projet de décret contient, dans son article II une disposition inacceptable qui n’a jamais été évoquée dans les discussions des 2 dernières semaines :
« II. — En application du 2° de l’article R. 421-2, l’organisation des enseignements est fixée par le conseil d’administration, conformément au projet d’établissement et après avis du conseil pédagogique.
L’établissement peut moduler la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, dans le respect :
- du volume horaire global dû à chaque discipline d’enseignement obligatoire pour la durée du cycle ;
- du volume horaire global annuel des enseignements obligatoires dû à chaque élève.
 »

Il s’agit d’un passage en force sur l’autonomie des établissements qui va bien au-delà de tout ce qui était envisagé : les établissements pourraient modifier pour des classes ou pour tout l’établissement les horaires de n’importe quelle discipline à chaque niveau (diminuer les horaires de maths, par exemple, en 4ème pour augmenter d’autant l’horaire de 5ème…) à la seule condition de respecter le volume global d’une discipline sur l’ensemble du cycle IV et le total horaire-élève de chaque niveau. La décision en reviendrait au CA, après avis du conseil pédagogique.

L’autonomie de l’établissement est en fait celle du conseil pédagogique et du chef d’établissement, qui a la main sur la répartition des moyens même en cas de désaccord du Conseil d’administration du collège. Elle conduirait à une mise en concurrence des disciplines, des enseignants et des établissements, et accroitrait les inégalités sociales et scolaires au nom de "l’adaptation au public".

Seules timides avancées allant dans le sens des demandes du SNES-FSU : le rétablissement d’un affichage "1+1" pour les enseignements artistiques, et un passage de l’horaire de LV1 de 3h à 3h30 en Sixième, mais financé par le retour à l’horaire de Français actuel.

Le SNES-FSU et le SNEP-FSU ont quitté la réunion du 31 mars au ministère, suivis par la CGT, le SNALC et FO. Retrouver les positions des organisations syndicales sur la réforme.

 

 

situation au 18 mars 2015

Le ministère a communiqué son projet de réforme du collège et a réuni une première fois les organisations syndicales le mardi 17 mars pour une première présentation : grille horaire, cadrage des « marges de manœuvre » et des « enseignements pratiques interdisciplinaires ».
Pour le SNES-FSU, ce projet de réforme est en l’état inacceptable, car il ne répond pas aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Fiches ministérielles à télécharger :
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Un grand bond vers le passé : communiqué de presse 11 mars 2015

Présentant un collège caricatural, Najat Vallaud-Belkacem a fait ce matin en Conseil des ministres ses annonces sur la réforme du collège : retour aux savoirs « fondamentaux », volonté de distinguer des enseignements « théoriques » et des enseignements « pratiques » interdisciplinaires, introduction de la LV2 dès la classe de Cinquième ainsi que de l’accompagnement personnalisé. Ce programme pédagogique n’invente rien, il renvoie aux débats de l’inopérant socle de 2005.

Aujourd’hui, les enseignants se battent au quotidien dans leurs classes et les problèmes qu’ils rencontrent sont clairement identifiés : augmentation des effectifs de classes, diminution des moyens pour le travail en groupes, manque de cohérence des programmes, mixité sociale et scolaire de plus en plus faible, multiplication des réunions et des prescriptions, absence de moyens pour la concertation et le travail collectif, formation initiale et continue des enseignants en berne.

La réforme proposée sera-t-elle de nature à résoudre ces difficultés, à vaincre la difficulté scolaire touchant 15 à 20% des collégiens ? Il est permis d’en douter. Les 4 000 postes créés ne sont pas en nombre suffisant pour permettre une diminution significative des effectifs des classes, et les moyens alloués ne permettent pas de généraliser le travail en groupe. L’interdisciplinarité peut être un outil, mais elle n’est pas une fin en soi, et nécessite des moyens de concertation et de formation qui ne sont pas programmés. L’introduction de la LV2 en 5ème ne peut avoir de sens qu’avec le maintien des horaires de LV sur tous les niveaux, ce qui ne semble pas être le cas.
La communication sur les « fondamentaux » fait l’impasse sur les acquis de la recherche.
Faire réussir tous les élèves passe par de meilleures conditions d’apprentissage, une mise en cohérence des savoirs scolaires, des enseignants formés à des pratiques pédagogiques diversifiées et non par un discours désuet saucissonnant « fondamental » et « accessoire », « théorique » et « pratique ».

Tract mars 2015