évaluation des établissements du second degré

Dans la loi de l'école de la confiance

Cette démarche d'évaluation est voulue par J.-M. Blanquer, dans la loi « pour une école de la confiance » de juillet 2019. Le  Conseil d’évaluation de l’école (CEE) est installé officiellement fin juin 2020, avec publication de travaux début juillet (Cadre d’évaluation notamment).

Les textes :

Un comité consultatif est prévu, les organisations syndicales représentatives devraient en être membre, mais à l’heure actuelle, il n’a pas été réuni (avec parents, élèves, collectivités territoriales, acteurs du monde socio-économique et associatif).

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présentée lors du stage
du 14 janvier 2020

Démarche prévue en deux temps : une autoévaluation suivie d’une évaluation externe.

Première analyse du cadre : le double langage
« La finalité de l’évaluation des établissements est l’amélioration, dans l’établissement, du service public d’enseignement scolaire, de la qualité des apprentissages des élèves, de leurs parcours de formation et d’insertion professionnelle, de leur réussite éducative et de leur vie dans l’établissement. Elle a pour but d’améliorer, pour l’ensemble de la communauté éducative et de ses acteurs, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers et de bien-être dans l’établissement. »

Mais :

« Le cadrage et la méthode proposés tiennent compte de ces finalités : l’évaluation est donc d’abord l’affaire de l’établissement lui-même. »

Tout est renvoyé à l’établissement lui-même, ses difficultés sont de son fait et non des politiques menées, des suppressions de postes, d’une formation indigente, etc. L’évaluation se substitue à toute démarche de type projet d’établissement et contrat d’objectifs (c’est la suite logique selon le CEE).

L’auto-évaluation - quatre domaines

Chronophage !

Attendus de l’auto-évaluation

Aucune référence au contexte, aux moyens alloués, on s’interroge sur les choix pédagogiques

quid de la liberté pédagogique ? Une auto-évaluation très guidée

Questionnaires proposés : élèves, parents, enseignants, personnels non-enseignants.

Des questions portent sur le confinement, mais il est difficile pour le reste de répondre aux questions dans le contexte sanitaire actuel !Tout se passe comme si une certaine administration continuait aveuglément son travail, comme si la gestion de la crise sanitaire ne bouleversait pas les établissements.

Pour les élèves :


difficile de répondre sans penser au contexte sanitaire


guidé et tendancieux, on est loin de la visée émancipatrice de l’éducation…

Pour les enseignants :

Très orienté sur les pratiques pédagogiques, les « bonnes pratiques », et déconnecté du contexte sanitaire !
Des projets ! Les questions suivantes traitent des projets collaboratifs avec les partenaires extérieurs, chers à Blanquer.

que de « Bonnes pratiques », on ne propose pas de diminuer les effectifs de classe…

New Management Public

Cette démarche est une illustration du New Management Public (NMP), dans la variante « participative » du NMP.

Il s’agit, comme si de rien n’était, de faire valider une critique de la lourdeur de l’administration ou des fonctionnaires en tant que corps, qui empêcheraient les initiatives locales.

Il faut augmenter l'autonomie locale des acteurs, alléger les contrôles, faire participer les agents à la réforme (les faire « adhérer ») : « Une démarche participative pour une évaluation en toute confiance ».

Pendant ce temps, le cheval tourne en rond dans le manège, avec carottes et bâton et il ne réfléchit pas aux réelles causes de son travail empêché.

À la fin de l’auto-évaluation il n’y a que des engagements de l’établissement et une déstabilisation des personnels : mieux accompagner l’orientation des élèves, mieux prendre en compte la difficulté, augmenter les taux de passage et taux de réussite aux examens, mieux accueillir les élèves de bac pro en STS, prévenir le décrochage…Comme pour les contrats d’objectif, implicitement, peut-être sans s’en rendre compte, les personnels s’engagent à réaliser des « progrès » mais ni le rectorat, ni l’éventuelle collectivité territoriale ne s’engagent en termes de moyens en personnels ni en dotation de fonctionnement.

Par ailleurs, l’auto-évaluation peut être un outil de déréglementation au nom de l’adaptation au « local ». Le but est d’attribuer les moyens non plus sur la base de textes nationaux objectifs mais sur celle de la « valeur ajoutée » à apporter sans que l’on sache de quoi il s’agit.

Le SNES-FSU s’est toujours opposé à ces logiques qui n’ont rien à voir avec la nécessité de faire des diagnostics comme de fixer à tous les établissements, sur tout le territoire, des objectifs ambitieux.Donc refuser d'entrer dans la démarche, ou bien y entrer de façon lucide pour la vider de ce qu'elle pourrait avoir de dangereux pour l'établissement :

Agir

Communiquer auprès des établissements pour essayer de faire comprendre que derrière la façade « co-construction » fort sympathique il y a un piège :

il leur est demandé de dire eux-mêmes tout ce que l’administration devra exiger d’eux. Il s’agit du même esprit que la contractualisation ou les politiques de projets où on fait semblant de prendre en compte les besoins locaux pour en fait faire porter toutes les responsabilités aux acteurs locaux

Renverser la puissance de l’adversaire sur lui-même :

là où cette « auto-évaluation » se met en place et s’impose, les équipes pourraient en profiter pour faire apparaître les manquements de l’État et demander réparation pour faire réussir les élèves : rétablissements d’horaires d’enseignements, d’enseignements, la présence de personnels (orientation, santé scolaire, vies scolaires…) sur toute la semaine…

Il s’agit d’un dispositif administratif qui ne se présente pas immédiatement comme un outil de pilotage de l’EPLE donc le CA ne peut pas l’interdire.

Il peut toutefois, dans la logique du point précédent, voter des vœux de soutien aux exigences des personnels et dénoncer la démarche. Commencez par assumer VOS responsabilités, pourraient dire les CA à l’État.

L’auto-évaluation est un acte de l’établissement conduit sous la responsabilité du chef d’établissement.

Il devrait donc être présenté au moins pour information au CA. Il ne peut s’imposer à l’EPLE qui n’a pas obligation de l’intégrer au projet d’établissement ou au contrat d’objectif.